ENTRE RELANCE DE PROJETS ET INNOVATIONS : 2025 marque un tournant décisif vers l’économie circulaire
En deux mille vingt-cinq, la SONAGED SA a changé d’échelle. Au-delà des slogans, ce sont des chiffres, des visages et des territoires entiers qui racontent la transformation d’un service public au cœur du quotidien de plus de 18,3 millions de Sénégalais, dont chacun produit en moyenne 0,522 kg de déchets par jour soit près de 3 millions de tonnes à gérer chaque année
« La SONAGED travaille à faire de la gestion des déchets un levier de santé publique, de cohésion sociale et de résilience environnementale »
Une révolution visible dans les villes
Le tournant se lit d’abord dans la ville, sur les trottoirs, aux carrefours, dans les quartiers populaires. À Kaolack, le 12 mars, l’opération « Koor Set 2025 » prend la forme d’une promesse concrète : dix mille bacs à ordures déployés à l’échelle nationale pour anticiper la montée des déchets pendant le mois de Ramadan et la Korité, réduire les dépôts sauvages et soulager des systèmes de collecte souvent saturés. À Dakar, cette vague de bacs se traduit par h
uit cent quatre-vingt-un nouveaux équipements, dont trois cent vingt pour le Plateau, deux cent un pour Rufisque, cent vingt pour Pikine, le reste étant réparti dans les autres communes, redessinant la cartographie de la collecte dans la capitale.
À Saint-Louis, où trois cents à quatre cents tonnes de déchets sont collectées chaque jour, la SONAGED adapte ses dispositifs pour tenir le rythme de cette pression quotidienne, consciente que chaque bac et chaque rotation de camion peuvent faire basculer un quartier du désordre à la maîtrise. Lors des grands rassemblements, cette montée en puissance devient spectaculaire : à Mé- dina Baye, pour le Gamou 2025, mille deux cents agents sont mobilisés avec un arsenal logistique renforcé afin que des dizaines de milliers de pèlerins puissent vivre leur foi dans un environnement plus sain. Dans son édition spéciale, le quotidien Le Soleil saluera d’ailleurs

« le rôle déterminant de la SONAGED S.A. dans la réussite du Grand Magal de Touba 2025 », soulignant une mobilisation exceptionnelle des équipes et des moyens logistiques.
À Thiès, la bataille contre les dé- pôts sauvages prend des airs de reconquête urbaine. Sur la Place de France et dans plusieurs quartiers, un Plan d’urgence post-hivernage est lancé pour résorber des zones devenues, au fil des pluies, de véritables poches d’insalubrité. Trente-quatre sites de dépôts sauvages sont progressivement éliminés grâce à une coordination serrée entre la SONAGED, les collectivités et les populations, dans un mouvement où bennes, pelles mécaniques et équipes en gilets fluorescents transforment les tas d’ordures en espaces de respiration.
Nouvelles directions et écocitoyenneté en action
La transformation de deux mille vingt-cinq ne se joue pourtant pas seulement dans la rue. Elle s’écrit aussi dans l’organigramme, avec la création de deux directions stratégiques qui donnent un nouveau souffle à l’entreprise. La Direction de la Promotion de l’Écocitoyenneté prend à bras-le-corps la question des comportements, avec une campagne nationale lancée à Tivaouane et dans les cités religieuses pour « susciter un véritable changement de comportement des populations dans leurs rapports aux déchets », comme l’explique sa directrice Awa Faye.
« Cette campagne repose sur la nécessité de revoir notre attitude face aux déchets », insiste-t-elle, appelant les citoyens à participer pleinement à la lutte contre l’insalubrité, notamment lors des grands rassemblements.
Cette dynamique se traduit dans les chiffres : mille cent six écoles sont accompagnées en 2025 pour une rentrée « propre et saine », dans le cadre d’un vaste programme de sensibilisation. En parallèle, la Direction Qualité Sécurité, Hygiène et Environnement ( QSHE) pose les jalons d’une culture interne de la pré- vention et des normes renforcées. Cette direction ne reste pas dans les papiers : un avis de recrutement d’un Directeur d’un Directeur QHSE vient formaliser son rôle, et elle s’impose très vite comme l’un des moteurs du changement sur le terrain.
Mbeubeuss : la sécurité des agents érigée en priorité

C’est à Mbeubeuss, symbole historique et sensible de la gestion des déchets au Sénégal, que la QSHE donne une première traduction concrète à cette vision. Sur ce site de cent six hectares où, selon le ministre Moussa Balla Fofana, « près de 3 000 personnes exercent chaque jour dans des conditions extrêmement difficiles », la SONAGED organise une remise officielle de masques de protection aux opérateurs, en présence du Directeur Gé- néral, du Directeur QSHE, du Directeur d’Exploitation et du Délégué national chargé des infrastructures. Cette dotation n’est pas un geste isolé. Elle fait suite à une première mission de terrain de la QSHE, qui a permis d’identifier de manière exhaustive les besoins en qualité, sé- curité et environnement et de tester divers échantillons de masques et d’équipements de protection individuelle directement auprès des agents. Les retours, largement positifs, ont confirmé que les modèles retenus étaient adaptés aux réalités de Mbeubeuss – poussière, fumées, chaleur – et suffisamment confortables pour être réellement portés au quotidien.
« L’objectif est d’améliorer concrètement le quotidien des opérateurs, en leur offrant des équipements adaptés, efficaces et acceptés par les utilisateurs eux-mêmes », souligne le Directeur QSHE, Alioune Fané, qui fait de l’écoute des agents un principe de base de sa démarche.
Pour le Directeur Général, cette action a une portée nationale. Il rappelle que la distribution de masques à Mbeubeuss n’est qu’un début et qu’elle a vocation à être étendue « à l’ensemble des 106 décharges du pays, ainsi qu’aux délégations ré- gionales nouvellement créées », afin de garantir une protection uniforme des agents, de Dakar à Ziguinchor. Dans la même logique, la SONAGED multiplie les initiatives de sécurité et de coordination avec le PROMOGED, qui a mis en place un Plan d’Organisation et de Veille de la Sécurité pour la réhabilitation de la décharge, incluant des protocoles d’alerte, d’évacuation et de protection individuelle et collective.
Les “Jambars” au cœur de la transformation
Derrière les chiffres et les dispositifs techniques, ce sont des femmes et des hommes qui supportent la charge du changement. Tout au long de l’année, la SONAGED choisit de mettre en lumière ces visages, à travers des portraits, des immersions et des moments de reconnaissance. Les « Jambars défilent pour la première fois à Dakar, affirmant la fierté d’un corps de métier longtemps invisible. Lors de la rentrée scolaire, des agents sont mis à l’honneur pour leur engagement, tandis que la Direction du capital humain reçoit pour instruction de faciliter leurs déplacements.
La distribution d’équipements de protection individuelle vient compléter cet effort de valorisation, avec une approche progressive et structurée, qui renforce progressivement la sécurité au travail sur les sites les plus exposés. Dans les cités religieuses comme Tivaouane ou Mé- dina Gounass, Khalifa Ababacar Sarr réaffirme « la détermination de la SONAGED à assurer un environnement sain et propre pour les pèlerins », en détaillant des dispositifs spéciaux reconnus par les autorités religieuses et locales.
De Belém aux territoires : les déchets comme levier climatique
Pendant que les équipes s’activent dans les rues de Thiès, Kaolack ou Saint-Louis, une autre bataille se joue sur la scène internationale. À Belém, au Brésil, lors de la COP30, la SONAGED fait entendre la voix de la gestion des déchets comme levier climatique du Sénégal, aux côtés du gouvernement et de ses partenaires. Les débats portent sur la finance climatique et l’adaptation, le marché du carbone et la Taxonomie verte, autant de domaines où les déchets ne sont plus seulement une contrainte, mais une opportunité.
Le projet MERP, axé sur le compostage des déchets organiques à Touba, est présenté comme un outil de réduction des émissions de méthane et de promotion d’une agriculture plus durable, en transformant ce qui était une nuisance en ressource pour les sols. À Kaolack, le projet ABM met en lumière des femmes engagées dans le recyclage des plastiques pour prévenir les inondations et renforcer la résilience socio-économique. Ces projets s’inscrivent dans une dynamique plus large de participation au West Africa Carbon Market et de recherche de financements climatiques alignés sur les CDN du Sénégal, avec l’appui d’institutions comme la BOAD et la BAD.
Loin d’être un simple opérateur de collecte, la SONAGED S.A. se positionne dès lors comme un acteur clé de la transition écologique et de la résilience climatique du pays.
Un nouvel ancrage institutionnel et des perspectives 2026
Un autre glissement décisif se joue en coulisses. En novembre 2025, la SONAGED est officiellement rattachée au Ministère de l’environnement et de la transition écologique, à la suite d’une passation de services entre le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf et Moussa Balla Fofana.
Ce rapprochement vise à renforcer la cohérence des politiques publiques en matière de cadre de vie, de gestion des déchets et de dé- veloppement durable, en alignant l’action de la SONAGED S.A. sur les grandes priorités environnementales du pays.
Dans ce nouveau cadre, les perspectives pour deux mille vingt-six se dessinent avec clarté : extension de la démarche QSHE à l’ensemble des cent six décharges, montée en puissance des unités de transformation des déchets pour lesquelles une enveloppe de 206 milliards de FCFA a été mobilisée, et consolidation de projets climatiques comme MERP et ABM pour générer des financements verts et des emplois durables.
Au bout du compte, ce sont des gestes simples comme déposer un sac dans un bac plutôt que sur le trottoir, enfiler un masque avant d’entrer sur un site comme Mbeubeuss, trier à la source, participer à une journée de nettoiement qui donneront tout son sens à cette transformation. En deux mille vingt-cinq, la SONAGED S.A. a posé les jalons d’une nouvelle ère, où la propreté devient un projet collectif, où la sécurité des agents se mesure en équipements, et où chaque tonne de déchets, loin d’être une fatalité, devient une opportunité de mieux vivre et de mieux pré- parer l’avenir




